Dernière étape de la vie : mourir

" Mort, où est ta victoire? Mort, où est ton aiguillon? " saint Paul

" Je suis la résurrection et la vie. " Jésus dans l'évangile de Jean

" Et qu'il nous soit donné de nous retrouver en paradis s'il plait à Dieu. " Christian de Chergé, moine de Tibhirine.

La mort d'une personne chère est une épreuve, la vision de la mort nous fait horreur. Cette personne aimée disparaît lors de l'inhumation ou de la crémation. Au retour du cimetière, l'absence insupportable s'installe.

Les grandes questions de tous les temps se posent : où est-il? Puis-je communiquer avec lui? Est-il heureux? Le ciel existe-t-il? Et le purgatoire? Et l'enfer?

Toutes les religions affirment qu'il y a un au-delà. Le chrétien est certain que les morts vivent une vie véritable. Comment? Où? Nul ne le sait vraiment.

Jésus a promis la vie éternelle par sa résurrection. Nous ressusciterons dans l'intégrité de notre corps. Ne demeurons pas dans l'angoisse et la crainte, la foi en la vie éternelle invite à l'espérance.

À vous la parole…

1. Témoignage : la mort d'un enfant

Bonjour,

La mort d'un enfant est tellement inconcevable, nous dépasse tellement, que nous cherchons de toutes nos forces un coupable. Souvent, il n'y a pas de responsable sur lequel nous pourrions déverser notre rage impuissante.

Parfois c'est Dieu que nous accusons d'avoir permis la mort de cet être innocent.

Quand ce n'est pas Dieu, soit que nous n'osons pas l'accuser soit que nous ne croyons plus en lui, alors c'est nous le coupable.

On aurait pu faire ceci ou faire cela et l'enfant n'aurait pas perdu la vie.

Cette affreuse culpabilité qui nous enfonce dans la souffrance et que nous ruminons sans pouvoir en sortir est un mécanisme de défense qui nous permet au moins d'avoir une explication à l'inconcevable, à l'inexplicable.

Or, un jour, vous finirez par réaliser qu'il n'y a pas de coupable, et que vous n'êtes, pas plus que Dieu, à être responsable pour tous les malheurs du monde et Dieu sait qu'il y en a des malheurs dans le monde...

Un jour, vous découvrirez par vous-même, que la vie est un don, un don gratuit, un cadeau, et que la mort n'est pas la fin de tout et que Dieu s'est fait homme et qu'il en est mort et qu'il a vaincu la mort et que ce chemin vers Pâques est le plus beau de tous les cadeaux.

Plusieurs mettent des années à faire ce chemin là, il faut parfois toute une vie.

J'ai fait ce chemin après la mort de mon fils et je suis certaine que vous le suivrez à votre manière et en temps opportun.

2. Quand on a foi en Dieu, est ce normal d'avoir peur de la mort ?

Bien sûr ! L'angoisse de la mort est humaine..

Nous sommes faits pour la vie et ce passage inéluctable vers un au-delà nous inquiète. On peut avoir peur de ce passage, peur de souffrir, peur de laisser nos proches dans la tristesse.

À la veille de son arrestation à Gethsémani Jésus a connu cette angoisse, " il dit à ses apôtres : "mon âme est triste à en mourir"(Mathieu, 26, 38)

À l' exemple, il nous faut lutter contre la peur. Comment ? En persévérant dans la foi au Dieu vivant qui nous attend dans la joie éternelle. En s'habituant, chaque jour de notre vie, au renoncement et en se familiarisant avec nos limites.

En priant aussi pour que nous puissions être serein au jour de notre mort. Tout cela, sans oublier de vivre !

3. Les enfants peuvent-ils assister aux enterrements ?

Oui, bien sûr, si la personne décédée est proche de l'enfant, et si l'enfant a manifesté le désir d'être présent.

L'enfant peut participer à sa manière à la tristesse de toute la famille.

Cependant on aura eu soin de lui expliquer ce qui va se passer, et surtout le sens de la célébration

4. Autrefois, il y avait des veillées mortuaires. Que faut-il en penser ?

C'est vrai qu'autrefois, il y avait, avant les funérailles, de longues veillées de prière auprès du défunt. Aujourd'hui, les choses se vivent différemment. Le défunt repose souvent au salon funéraire. Ce qui exclut souvent toute prière communautaire. Pourtant, accompagner une famille dans le deuil par la prière reste un moment privilégié.

On peut effectivement se réunir auprès d'un défunt, choisir des textes appropriés de l'Évangile qui nous parle de la résurrection, on peut faire une courte prière et si le coeur nous en dit pourquoi pas un chant?

Les enfants peuvent être associés à ce temps de prière communautaire qui, souvent, redonne de l'espérance.

5. Faut-il espérer mourir subitement ?

Certaines personnes espèrent mourir subitement, " sans se rendre compte ". On peut les comprendre. Se voir mourir est une lourde épreuve. Personne d'entre nous souhaite souffrir longtemps.

Mais, il n'est pas sûr que mourir subitement soit un bien pour tous. Il y a ceux qui restent et qui vivent mal la disparition. Et puis ne vaut-il pas mieux souhaiter mourir après s'être mis en paix avec soi-même, avec ses proches ?

Mais comme " nul ne sait ni le jour ni l'heure " mieux vaut se préparer chaque jour à sa fin prochaine !

6. Comment être certain , le moment venu, d'être en paix avec soi-même ?

Comment en être sûr ? On n'est jamais certain de rien...Mais on peut dire ceci : Notre être acquiert des dispositions au fil du temps. En attendant la mort dans l'espérance, en s'ouvrant de mieux en mieux à l'amour de Dieu et des autres en évitant les relations négatives, en pardonnant. Certains éprouvent aussi une grande paix en prenant certaines dispositions : testament, répartir des biens dans la justice, prévoir ses funérailles et son inhumation.

7. Un enfant en bas âge, peut-il comprendre ce qu'est la mort ?

Ce n'est pas parce qu'il est " petit " que l'enfant ne comprend pas. . Il sait que les fleurs se fanent, que les saisons changent, que ce qui est tombé demeure par terre.

C'est vers l'âge de trois ans que sa conscience s'éveille et qu'il entre dans le mystère de la vie humaine.

Entre 5 et 10 ans, il saisit que la mort a un caractère irréversible. Il prend conscience que personne, ni lui ni ceux qu'il aime, ne peuvent y échapper. C'est l'heure des grandes questions, il faut savoir répondre !

Les parents sont mis à dure épreuve, le prêtres et les catéchistes aussi!

8. Comment vivre la mort subite du bébé ?

La mort subite d'un bébé est un véritable choc pour toute la famille.

Le sentiment de culpabilité s'installe :: " j'aurais dû être là ". Les autres enfants aussi sont bouleversés. Ils ont attendu le bébé dans la joie, le voilà maintenant disparu. Les parents croyants peuvent inviter leurs proches à être présents autour du corps de leur enfant et organiser des prières autour de ce petit être. Tous les gestes qui disent une dernière fois combien ce bébé était attendu et aimé sont les bienvenus.

9. Quel corps aurons-nous au Ciel ?

Voilà une question délicate! Déjà saint Paul y répondait : " Il y a des corps célestes, il y a des corps terrestres " ! Nous aurons donc, à notre résurrection, un corps céleste! Qu'est-ce que cela veut dire ? Rappelons-nous de Marie-Madeleine au jardin des Oliviers et les disciples d'Emmaüs, le soir de Pâques : aucun ne reconnaît vraiment Jésus. Il était différent.

Nous serons donc différent, tout en conservant notre identité propre. Nous serons plus lumineux, plus transparent, plus expressif. Nous serons des ressuscités ".

10. Mon petit-fils est mort dans un accident de voiture. Je n'arrive plus à l'imaginer autrement qu'abîmé par le choc. Quel visage aura t-il quand nous nous retrouverons ?

Il est difficile d'oublier le visage de quelqu'un lorsque la souffrance l'a envahi. Mais ce qui est sûr, c'est que dans sa nouvelle vie, le visage de votre petit-fils est transfiguré par l'amour contemplé et reçu de Dieu. C'est là notre espérance, sans quoi, à quoi cela nous servirait-il de croire?

11. Mon mari est mort il y a quelques mois. J'espérais demeurer en contact avec lui, pouvoir ressentir sa présence. Or rien de cela n'arrive, il a vraiment déserté ma vie. Qu'en pensez-vous ?

C'est vrai que votre mari a quitté cette vie. Physiquement, il n'est plus là. Mais il habite toujours votre histoire, et votre avenir. Chercher à " entrer en contact " avec une personne défunte aimée est bien normal. C'est avec le temps que votre mari poursuivra sa communion avec vous, à travers une intimité personnelle. La prière, la célébration de l'eucharistie sont des moyens où nous nous retrouvons tous. Ne vous en privez pas.

12. À 6 mois de grossesse, j'ai perdu un enfant. Nous l'avons fait incinérer. Pensez-vous que je le retrouverai un jour ?

Bien sûr ! Votre enfant, même s'il n'a pas eu son compte dans la vie, est un être précieux à vos yeux et aux yeux de Dieu. Aujourd'hui il vit une autre vie que nous, les chrétiens appelons vie éternelle. Que vous ayez fait incinérer votre enfant, comme beaucoup de parents traumatisés par la perte d'un si petit être, ne réduit en rien votre certitude. Votre enfant vit en plénitude son existence et vous le retrouverez un jour.

13. Je regrette de ne pas m'être réconcilié avec ma mère avant son décès. Aujourd'hui, est-ce possible ?

Bien sûr, vous pouvez le faire! Peut-être elle aussi a t-elle ressenti ce désir avant de mourir. Comment savoir ce qui se joue avant de se quitter? N'ayez donc aucune crainte, et soyez certaine que votre mère entendra votre demande de réconciliation.