19 juin

 

Saint Romuald

 

Abbé

 

(906-1027)

 

 

Saint Romuald naquit à Ravenne, en 906, d’une des plus illustres familles d’Italie. Sa jeunesse fut orageuse, mais bientôt la grâce, qui le poursuivait, triompha de ses résistances, et il racheta son passé par les plus effrayantes austérités.

Après avoir vécu sept ans dans un monastère de Saint-Benoît, il se sentit inspiré de mener la vie solitaire, et alla habiter avec un saint homme qui lui faisait réciter chaque jour de mémoire tout le psautier. Quand il faisait quelque faute, l’ermite, toujours armé d’une verge, lui donnait un rude coup sur l’oreille gauche. Romuald souffrait patiemment; cependant un jour, s’apercevant qu’il perdait l’ouïe du côté gauche, il pria le rude vieillard de le frapper sur l’oreille droite. Ce fait suppose un grand progrès dans la vertu.

Bientôt Romuald devint le chef d’une foule de solitaires; il réforma et fonda un grand nombre de monastères, et établit enfin l’Ordre des Camaldules. Dieu éprouva sa vertu par les terribles assauts du démon, qui lui demandait à quoi servaient tant de prières et de pénitences. Les victoires du Saint rendaient son ennemi plus furieux, et plus d’une fois il fut battu et foulé aux pieds par des esprits malins revêtus des formes les plus fantastiques : « Quoi! Disait Romuald au démon, en se moquant de lui, tu as été chassé du ciel et tu viens au désert montrer ta honte! Va-t-en, bête immonde, vilain serpent! »

Notre Saint jouit à un haut degré du don des larmes; il ne pouvait célébrer la Messe sans pleurer, et, pendant son oraison, vaincu par l’émotion et ravi en extase, il s’écriait : « Jésus, mon cher Jésus! Ô doux miel, ineffable désir, délices des Saints, suavité des Anges! »

Arrivé à une extrême vieillesse, il jeûnait encore tous les jours, et, pendant le carême, il se contentait d’une écuelle de légumes à son unique repas. Quelquefois, il demandait certains mets afin de les voir, d’en faire le sacrifice à Dieu et de se moquer de la sensualité : « Voilà un bon morceau bien apprêté, Romuald, disait-il; tu le trouverais bien de ton goût, n’est-ce pas? Eh bien! Tu n’y toucheras pas, et tu n’en auras eu la vue que pour te mortifier davantage. »

Il faisait tant et de si grands miracles que toute la nature semblait lui être soumise. Cet illustre athlète de la pénitence, malgré ses austérités étonnantes, mourut à l’âge de cent vingt ans, dont quatre-vingt-treize ans dans la vie érémitique.

Présence amoureuse de Dieu, silence et solitude, voilà résumé l’idéal de vie de Romuald. Né à Ravenne dans une famille noble, il entre chez les Bénédictins. Ses lectures lui font découvrir les Vies des Pères du désert en même temps que leur attrait pour la solitude et la vie rigoureuse du monachisme. Romuald quitte alors son couvent et recrute quelques compagnons qui désirent comme lui se retirer du monde pour consacrer leur vie à l’amour de Dieu.

Il crée des ermitages dans la région de Saint-Michel-de-Cuxa dans les Pyrénées. Les moines y vivent ce que leur fondateur considère comme les fondements mêmes du monachisme : retrait du monde, travail manuel, lecture et méditation de l’Écriture, jeûne, veille et prière.

Dix ans plus tard, Romuald est appelé par l’Église à lancer un mouvement de réforme de la vie monastique en Italie. Il s’y voue corps et âme, mais son enseignement n’est pas reçu. Les moines et les novices qui aspirent à une vie consacrée ne sont pas prêts à la suivre quand il leur recommande : « Mets-toi avant tout en présence de Dieu avec crainte et tremblement; anéantis-toi et reste tranquille comme un poussin, content de recevoir la grâce de Dieu. »

Il se retire alors dans l’un de ses monastères, celui de Val de Castro, où il retrouve son idéal de vie. Il y meurt le 19 juin 1027. Peu après sa mort, Pierre Damien écrira la Vie du bienheureux Romuald et Bruno de Querfurt, dont on célèbre la fête le même jour que Romuald, le fera lui aussi connaître dans sa Vie des cinq frères.

 

Pierre Guénette

 

Prions en Église, Édition dominicale, 19 juin 2011, page 35.

 

 

19 juin

 

Sainte Julienne Falconieri

 

Née à Florence dans une famille riche (vers 1270 – 1341), Julienne aurait pu vivre de manière aisée. Mais son oncle Alexis Falconieri était l’un des sept fondateurs des Servites de Marie, un nouvel ordre religieux mendiant qui se distinguait par une grande dévotion aux douleurs de la Vierge Marie. Inspirée par son oncle et guidée par le supérieur de Servites, saint Philippe Benizi, Julienne revêt un manteau noir, couleur de l’habit des Servites, en signe de sa consécration à Dieu. Tout en demeurant chez elle, elle se voue à la prière, au jeûne et autres pénitences, ainsi qu,aux œuvres de charité. Elle aime à méditer sur la passion du Christ et la compassion de la Vierge Marie. Elle est considérée comme la première tertiaire, ou membre du tiers ordre des Servites.

Sur son lit de mort, affaiblie par ses nombreuses pénitences, elle est incapable d’absorber quelque nourriture que ce soit. Elle désire néanmoins communier. Le prêtre qui l’assiste, selon la coutume du temps, dépose l’hostie sur son cœur. Selon les récits qui nous sont parvenus, l’hostie aurait alors subitement disparu; après la mort de Julienne, on en aurait retrouvé l’image gravée sur sa poitrine. Son corps, conservé dans la basilique de l’Annonciation, à Florence, est demeuré incorruptible.

Même si Julienne n’a jamais été religieuse, elle est devenue le modèle des moniales et des religieuses apostoliques de la famille des Servites. Julienne Falconieri a été canonisée en 1737, et sa fête est observée le 19 juin à Florence ainsi que dans la famille spirituelle des Servites de Marie.

 

Claude Auger

 

Tiré de : Prions en Église, 19 juin 2016, 12ième dimanche du Temps ordinaire, Édition dominicale, vol. 80 no 24, page 34.

 

 

19 juin

 

Saint Gervais

 

Saint Gervais et saint Protais martyrs, étaient jumeaux, fils de saint Vital de Ravenne et de la bienheureuse Valérie et vivaient au 1er siècle sous le règne de l’empereur Néron. Ce sont des saints martyrs chrétiens fêtés localement le 19 juin. Les deux frères, après avoir donné tous leurs biens aux pauvres, rejoignirent saint Nazaire qui vivait dans un oratoire à Embrun en compagnie du jeune Celse. On les conduisit à l’empereur Néron. Celse les suivait en se lamentant. Les soldats le souffletèrent, saint Nazaire, leur en fit le reproche et fut à son tour frappé et précipité dans la mer d’où il sortit miraculeusement. Les soldats de Néron emmenèrent Gervais et Protais à Milan. Dans cette ville, survint le général Astase, qui partait faire la guerre aux Marcomans. Pour obtenir la bénédiction des dieux païens afin d’assurer la victoire, il s’empara de Gervais et de Protais afin qu’ils sacrifient aux idoles. Les deux frères refusèrent et Gervais ajouta que les idoles étaient sourdes, et que seul Dieu pouvait lui faire remporter la victoire. Il fut alors fouetté jusqu’à ce qu’il meure. Ensuite Astase fit venir Protais en lui disant : « Misérable, songe à vivre et ne cours pas, comme ton frère, à une mort violente. » Mais Protais refusa à son tour de sacrifier aux idoles, tenant tête au général. Celui-ci le fit alors suspendre au chevalet. Protais lui répondit : « Je ne m’irrite pas contre toi, général, je sais que les yeux de ton cœur sont aveuglés; bien au contraire, j’ai pitié de toi, car tu ne sais ce que tu fais ». Alors Astase ordonna de le décapiter. Un chrétien du nom de Philippe s’empara de leurs deux corps et les fit ensevelir sous une voûte de sa maison. Ensuite, il plaça dans leur cercueil un écrit contenant le récit de leur vie et de leur martyre. Ceci se passait en 57 sous le règne de Néron.