Le sacrement de pénitence
De la pénitence au pardon 
Au début du christianisme, le baptême était le
seul sacrement qui remettait les péchés. Il était
reçu, généralement, à l'âge adulte.
Mais, la possibilité de commettre une faute grave existait,
même après le baptême !
La jeune église autorise alors une cérémonie
publique de réconciliation, appelée le second
baptême. Elle ne pouvait avoir lieu qu'une seule fois dans la
vie. Et les exigences de pénitence que beaucoup de
chrétiens attendaient le moment de la mort pour demander la
réconciliation.
Cela devait durer officiellement jusqu'au VIe siècle.
Peu à peu, la grande rigueur du rituel s'humanise.
Grâce à l'intervention des moines missionnaires irlandais
qui inventent la " pénitence tarifée" . Selon la
gravité du péché, la pénitence varie.
Parallèlement, les pèlerinages, dits de
réparation, et les dévotions se développent autour
des monastères.
A partir du XIIIe siècle, la confession devient individuelle
et privée. Elle peut se donner plusieurs fois dans la vie. Il
est demandé à tout chrétien de se confesser et de
communier au moins une fois l'an, à Pâques. D'où
l'expression " faire ses Pâques ".
En 1973, le Concile Vatican II apporte de nouveaux
éléments à la façon de vivre le sacrement.
Pour célébrer la pénitence et la
réconciliation, quatre rites sont reconnus: la
réconciliation individuelle, la célébration
communautaire avec confession et absolution individuelles, la
célébration communautaire avec confession et absolution
collectives et les célébrations pénitentielles non
sacramentelles. Ces dernières sont, rappelons-le,
réservées en cas de grave nécessité.
La réconciliation expliquée aux enfants
Il est difficile de parler aux enfants de réconciliation,
lorsque les parents n'y voient pas bien clairement ce qu'est ce
sacrement.
Demander pardon n'est pas si facile ! Dans la vie quotidienne, nous
nous cachons derrière des " ce n'est pas ma faute " ou " je ne
voulais pas dire, faire cela " ou encore " je ne pensais pas lui faire
de mal "... Que de mauvaises excuses avant d'admettre le mal
causé à autrui, à notre entourage, et de faire le
pas du " je te demande pardon " . Pourtant, les parents
n'hésitent pas à dire à leur enfant qui vient de
faire une bêtise : " va demander pardon ".
Alors, comment aborder le sujet avec vos enfants ?
Comment leur expliquer ce qui est grave et ce qui ne l'est pas ?
Que ce soit pour les adultes ou pour les enfants, la
réconciliation est un sacrement qui se célèbre
avec du temps. Pour qu'ils puissent en percevoir toute sa richesse,
prenez avec eux le chemin d'une initiation progressive.
S'accueillir mutuellement
Depuis la naissance de votre enfant, le temps d'accueil s'est
naturellement mis en oeuvre dans votre famille. C'est un temps
d'écoute et de dialogue.. Il ouvre à votre enfant la
porte à la réconciliation. L'accueil mutuel est un
éternel recommencement.
Écouter l'amour de Dieu
Vous avez peut-être eu l'occasion de lire des passages de la
Bible avec vos enfants ou tout du moins de réciter les
prières du Notre Père ou du Je vous salue Marie.
Maintenant, ils apprennent à demander pardon au Père et
à découvrir son amour. Vous pouvez également les
inviter à remercier Dieu pour ce qu'il fait au quotidien.
En faisant le signe de croix, nous disons notre désir de
suivre Jésus et de nous mettre tous ensemble en présence
de son amour.
Vous pouvez proposer à vos enfants de découvrir dans leur vie quotidienne les signes de cet amour.
Répondre à cet amour
Si vous participez à la messe avec vos enfants, vous pouvez
leur expliquer que nous demandons pardon au cours de la
célébration eucharistique. Dans la prière du Notre Père et avant la communion, nous demandons le pardon des offenses.
Accueillir le pardon
Avant d'accueillir le pardon, vous pouvez aider votre enfant
à mettre des mots sur ce qu'est le péché, à
s'interroger sur ce qui est grave et ce qui ne l'est pas.
Le péché, c'est quoi ?
Avant de recevoir le sacrement de réconciliation, souvent les
enfants nous interpellent : " je ne sais pas quoi dire ", ou bien "
c'est quoi un péché ? " Beaucoup d'enfants confondent
maladresses et péchés.
Voici quelques points de repères pour les aider à y voir plus clair.
Une maladresse est souvent une action qui manque d'expérience
: " Avec mon ballon, j'ai cassé le pot de fleurs de la voisine.
" L'enfant n'a pas cherché à faire exprès,
à faire du tort à la voisine. Après cette action,
il lui demandera de l'excuser et cherchera à réparer les
dégâts.
Nous faisons un péché quand nous faisons
volontairement du tort aux autres ou à nous-mêmes. Par
exemple, quand nous faisons punir un camarade, quand nous nous moquons
de quelqu'un. Quand nous trompons la voisine, parce que nous n'allons
pas lui dire que c'est nous qui avons cassé le pot de fleurs. Si
nous refusons d'aimer les autres, nous refusons d'aimer Dieu et nous
nous éloignons de Lui. Entre Dieu et les hommes, il y a une
alliance sans cesse renouvelée, comme un lien d'amour.
Pêcher, c'est casser ce lien.
Lorsque la célébration sacramentelle a lieu, vous
êtes invités à y participer. N'hésitez pas
à partager ce moment avec vos enfants et la communauté
chrétienne. Cela peut aussi être une occasion de
témoigner à vos enfants votre expérience
personnelle du pardon de Dieu. N'oubliez pas que ce temps de
cheminement avec votre ou vos enfants peut aussi être le
vôtre !
À vous la parole…
Combien de fois par an doit-on se réconcilier avec Dieu ?
L'Église recommande de se confesser fidèlement au moins une fois par an devant un prêtre.
Y a-t-il des moments privilégiés pour se confesser ?
L'Avent et le Carême sont les deux rendez-vous donnés
aux chrétiens pendant l'année liturgique. Mais ne
réduisons pas les moments privilégiés ! Dès
que vous jugez opportun de vous réconcilier en dehors de cette
période, n'hésitez pas !
Le prêtre peut-il refuser de donner le sacrement de pénitence et de réconciliation ?
Oui, mais fort heureusement cela n'arrive que très rarement.
Il faudrait vraiment que la personne dise ne pas regretter ce qu'elle a
fait ou qu'elle ne s'engage pas à modifier un tant soit peu sa
manière de vivre pour que le prêtre, ne reconnaissant pas
un minimum de repentance, hésite ou refuse de donner le
sacrement.
Je me confesse souvent mais je fais toujours les mêmes péchés. Est-ce grave ?
Réaliser que vous faites les mêmes péchés
signifie déjà que vous êtes conscient de vos
difficultés, de vos limites. Cela arrive à chacun d'entre
nous. C'est avec le temps qu'on apprend à se connaître
soi-même, à identifier les paroles ou les gestes qui
réduisent notre liberté. C'est peut-être l'occasion
de demander de l'aide au Seigneur. Par exemple, vous pouvez lui dire :
" Seigneur, aide-moi à mieux gérer mes erreurs " et
exposez-lui celles qui sont vraiment difficiles à vivre pour
vous. La confession, rencontre intime avec Dieu, est aussi cela.
J'accepte de me faire aider parce que je sais que je n'y arriverais pas
seul
Je n'aime pas me confesser, est-ce normal ?
Se réconcilier avec Dieu n'est facile pour personne. Alors,
rassurez-vous, c'est normal. Mais ne demeurez pas prisonnier sur cette
question en disant :
" je n'aime pas parler de ma vie à un inconnu, et encore
moins à un prêtre " ou " je suis sûr qu'on va me
juger " ou " ça sert à rien " ou encore " c'est une
histoire entre Dieu et moi ".
Sans tomber dans la culpabilité, demandez-vous :
Pourquoi cela vous dérange ?
Comment vous représentez-vous la confession ?
Est-ce que cette démarche vous renvoie à une expérience passée difficile ?
Avez-vous peur ? Pourquoi ?
Acceptez-vous de pardonner ? De vous pardonner ?
Pourquoi Dieu ne vous pardonnerait-il pas ?
Pour vous aider, rappelez-vous que " vous avez été
appelés à la liberté " (Epître aux Galates,
chapitre 5, verset 13). Dieu n'est pas là pour juger mais pour
nous aider à être libre, à aimer librement. Se
reconnaître pécheur devant Dieu, c'est accueillir cet
amour du Seigneur, se sentir aimer et redevenir un peu plus libre
chaque jour.
Est-il obligatoire de se confesser à un prêtre ?
Pour recevoir le sacrement de réconciliation, la
présence du prêtre est indispensable. En effet, la
réconciliation prend son sens dès lors que nous
souhaitons en faire un acte de foi. Se confesser devant un
prêtre, c'est se reconnaître pécheur devant Dieu. La
présence du prêtre lors de la confession prend toute sa
place puisque c'est " au nom du Christ " qu'il pardonne nos
péchés. Nous recevons ainsi le sacrement.
Peut-on communier sans s'être confessé ?
Bien sûr. Toutefois, la communion et la confession sont
intimement liées. Aller se réconcilier avec Dieu, c'est
emprunter un chemin de conversion, d'amour, de partage. La communion
est, elle aussi, une rencontre d'amour avec le Seigneur, un repas qui
nous nourrit toute notre vie. Nous ne sommes pas obligés de
recevoir le sacrement de réconciliation systématiquement
avant d'aller communier, comme cela se faisait autrefois. Mais de le
faire régulièrement peut nous aider à être
en union avec Lui.
Peut-on recevoir le sacrement de réconciliation plusieurs fois dans sa vie ?
Vous pouvez recevoir le sacrement de réconciliation autant de
fois que vous le souhaitez. Toutefois, votre démarche doit
être sincère. Ce moment important que vous vivez avec Dieu
est un rendez-vous, une remise en route avec quelqu'un qu'on aime et
qui vous aime. Le croyant n'est plus seul, ni isolé, à
porter sa faute. L'aveu devant le Seigneur l'aide à se
libérer. Il n'y a pas de moment particulier pour vivre ces temps
privilégiés avec Dieu. Cependant, l'Avent et le
Carême sont des périodes appropriées où les
chrétiens sont invités à vivre la
réconciliation.
Quelle différence y a-t-il entre confession et réconciliation ?
La confession signifie que l'on avoue son péché avec
regret devant Dieu. La réconciliation exprime en particulier
l'aboutissement de notre démarche : l'amitié
renouée entre Dieu et les personnes. Ces deux dimensions sont
présentes dans le sacrement